Garnier’s tribute to Ronsard

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It is SO long since I posted anything here: I hope to get going again & finish off Helen 2 at least. Meanwhile, it felt right to include Garnier’s tribute to the dead Ronsard – not least because my own attempt to preserve his memory has faltered …

This elegy was originally published in Binet’s memorial volume, Discours de la Vie de Pierre de Ronsard, in 1586. It was picked up and anthologised in 1778, in volume 8 of the Annales poétiques, ou Almanach des Muses, after which it reappeared several times elsewhere, copied from that anthology,and can now be found in several places on the web. But the 1778 anthologisers quietly abbreviated Garnier’s text – removing approximately 50% of it! So the versions found elsewhere are likewise abbreviated and I think this is the first time the full original text has been reproduced online.

Elégie sur le trespas de feu Monsieur de Ronsard
 
A monsieur des Portes Abbé de Thiron
 
 
Nature est aux humains sur tous autres cruelle,
On ne voit animaux
En la terre et au ciel, ny en l’onde infidele,
Qui souffrent tant de maux.
 
Le rayon eternel de l’essence divine,
Qu’en naissant nous avons,
De mille passions noz tristes jours épine
Tandis que nous vivons :
 
Et non pas seulement vivants il nous torture,
Mais nous blesse au trespas,
Car pour prevoir la mort, elle nous est plus dure
Qu’elle ne seroit pas.
 
Si tost que nostre esprit dans le cerveau raisonne,
Nous l’alons redoutant,
Et sans cette frayeur que la raison nous donne,
On ne la craindroit tant.
 
Nous creignons de mourir, de perdre la lumiere
Du Soleil radieus,
Nous creignons de passer sur les ais d’une biere
Le fleuve stygieus.
 
Nous creignons de laisser noz maisons delectables,
Noz biens et noz honneurs,
Ces belles dignitez, qui nous font venerables
Remarquer des seigneurs.
 
Les peuples des forests, de l’air et des rivieres,
Qui ne voyent si loing,
Tombent journellement aux mortelles pantieres
Sans se gesner de soing.
 
Leur vie est plus heureuse, et moins sujette aus peines,
Et encombres divers,
Que nous souffrons chetifs en noz ames humaines,
De desastres couverts.
 
Ores nous poind l’amour, Tyran de la jeunesse,
Ores l’avare faim
De l’or injurieus, qui fait que chacun laisse
La vertu pour le gain.
 
Cetuy-cy se tourmente apres les grandeurs vaines,
Enflé d’ambition,
De cetuy-la l’envie empoisonne les veines
Cruelle passion.
 
La haine, le courroux, le depit, la tristesse,
L’outrageuse rancœur,
Et la tendre pitié du foeble qu’on oppresse,
Nous bourellent le cœur.
 
Et voila nostre vie, ô miserables hommes !
Nous semblons estre nez
Pour estre, cependant qu’en ce monde nous sommes,
Tousjours infortunez.
 
Et enquore, où le ciel en une belle vie
Quelque vertus enclost,
La chagrineuse mort qui les hommes envye
Nous la pille aussi tost.
 
Ainsi le verd email d’une riante prée
Est soudain effacé,
Ainsi l’aymable teint d’une rose pourprée
Est aussi tost passé.
 
La jeunesse de l’an n’est de longue durée,
Mais l’Hyver aux dois gours,
Et l’Esté embruny de la torche etherée
Durent [orig : durant] presque toujours.
 
Mais las ! ô doux Printems, vostre verdeur fanie
Retourne en mesme point,
Mais quand nostre jeunesse une fois est finie
Elle ne revient point.
 
La vieillesse nous prend maladive et facheuse,
Hostesse de la mort,
Qui pleins de mal nous pousse en une tombe creuse
D’où jamais on ne sort.
 
Des Portes, que la Muse honore et favorise
Entre tous ceux qui ont
Suivy le saint Phebus, et sa science aprise
Dessur le double mont.
 
Vous voyez ce Ronsard, merveilles de nostre age,
L’honneur de l’Univers,
Paitre de sa chair morte, inevitable outrage,
Une source de vers.
 
De rien vostre Apollon, ny les Muses pucelles
Ne luy ont profité,
Bien qu’ils eussent pour luy les deux croppes jumelles
De Parnasse quitté :
 
Et qu’ils eust conduits aux accords de sa Lire
Dans ce François sejour,
Pour chanter de noz Roys, et leurs victoires dire,
Ou sonner de l’amour.
 
C’est grand cas, que ce Dieu, qui des enfance l’aime,
Afranchit du trespas
Ses divines chansons, et que le chantre mesme
N’en affranchisse pas.
 
Vous en serez ainsi : car bien que vostre gloire,
Espandue en tous lieux,
Ne descende estoufée en une tombe noire
Comme un peuple otieux,
 
Et que voz sacrez vers, qui de honte font taire
Les plus grands du metier,
Nous facent choir des mains, quand nous en cuidons faire,
La plume et le papier.
 
Si verres vous le fleuve où tout le monde arrive,
Et payrez le denier
Que prend pour nous passer jusques à l’autre rive
L’avare Nautonnier.
 
Que ne ressemblons nous aus vagueuses rivieres
Qui ne changent de cours ?
Ou au branle eternel des ondes marinieres
Qui reflotent toujours ?
 
Et n’est-ce pas pitié, que ces roches pointues,
Qui semblent depiter,
De vents, de flots, d’oraige, et de foudres batues,
L’ire de Jupiter,
 
Vivent incessament, incessament demeurent
Dans leurs membres pierreux,
Et que des hommes, tels que ce grand Ronsard, meurent
Par un sort rigoureux ?
 
O destin lamentable ! un homme qui approche
De la divinité
Est ravy de ce monde, et le front d’une roche
Dure un eternité.
 
Qui pourra desormais d’une alaine assez forte
Entonner comme il faut
La gloir de mon Roy, puisque la muse est morte
Qui le chantoit si haut ?
 
Qui dira ses combats ? ses batailles sanglantes ?
Quand jeune, Duc d’Anjou,
De sa main foudroya les troupes protestantes
Aux plaines de Poictou ?
 
Des portes qui sera-ce ? une fois vostre Muse,
Digne d’estre en son lieu,
Fuyant l’honneur profane aujourdhuy ne s’amuse
Qu’au loüanges de Dieu.
 
Et qui sera-ce donc ? quelle voix suffisante,
Pour sonner gravement
Joyeuse nostre Achil, dont la gloire naissante
S’acroist journellement ?
 
Qui dira son courage, indomtable à la peine,
Indomtable à la peur,
Et comme il appareille avec une ame humaine
Un magnanime cœur ?
 
Comme il est de l’honneur, du seul honneur avare,
D’autres biens liberal,
Cherissant un chacun, fors celuy qui s’egare
Du service royal ?
 
Ne permette Clion et Phebus ne permette
Que Ronsard abattu
Par l’ennuyeuse mort, ne se treuve Poëte
Qui chante sa vertu.
 
Adieu, mon cher Ronsard, l’abeille en vostre tombe
Face tousjour son miel,
Que le baume Arabic à tout jamais y tombe,
Et la manne du ciel.
 
Le Laurier y verdisse avec le lierre
Et le Mirthe amoureus,
Riche en mille boutons, de toutes parts l’enserre
Le Rosier odoreus :
 
Le tin, le baselic, la franche Marguerite,
Et nostre Lis François,
Et cette rouge fleur, où la pleinte est escrite
Du malcontent Gregeois.
 
Les Nymphes de Gâtine, et les Nayades sainctes,
Qui habitent le Loir,
Le venant arroser de larmettes epreintes,
Ne cessent de douloir.
 
Las ! Cloton a tranché le fil de vostre vie
D’une piteuse main,
La voyant de vieillesse et de goutes suyvie,
Torturage inhumain.
 
Voyant la povre France en son corps outragee
Par le sanglant effort
De ses enfans, qui l’ont tant de foys ravagee,
Soupirer à la mort :
 
Le Souysse aguerry, qui aus combats se loüe,
L’Anglois fermé de flots,
Ceux qui boivent le Pau, le Tage et la Danoüe,
Fondre dessus son dos.
 
Ainsi que le Vautour, qui de griffes bourelles
Va sans fin tirassant
De Promethé le foye, en patures nouvelles
Coup sur coup renaissant.
 
Les meurtres inhumains se font entre les freres,
Spectacle plein d’horreur,
Et deja les enfans courent contre leurs peres
D’une aveugle fureur :
 
Le cœur des Citoyens se remplit de furies,
Les Paysans ecartez
Meurent comme une haye : on ne voit que turies
Par les chams desertez.
 
Et puis alez chanter l’honneur de nostre France
En siecles si maudits,
Attendez-vous qu’aucun vos labeurs recompense
Comme on faisait jadis ?
 
La triste povreté noz chansons accompaigne,
La Muse, les yeus bas,
Se retire de nous, voyant que lon dedaigne
Ses antiques ebats.
 
Vous estes donque heureus, et vostre mort heureuse,
O Cigne des François,
Ne lamentez que nous, dont la vie ennuyeuse
Meurt le jour mile fois.
 
Vous errez maintenant aux campaignes d’Elise,
A l’ombre des Vergers,
Où chargent en tout tems, asseurez de la Bise,
Les jaunes Orengers :
 
Où les prez sont toujours tapissez de verdure,
Les vignes de raisins,
Et les petits oyseaus, gasoüillans au murmure
Des ruisseaus cristalins.
 
Là le Cedre gommeus odoreusement sue,
Et l’arbre du Liban,
Et l’Ambre, et Myrrhe, au lit de son Pere receüe,
Pleure le long de l’an.
 
En grand’ foule acourus, autour de vous se pressent
Les heros anciens,
Qui boyvent le nectar, d’ambrosie se paissent,
Aux bords Elisiens :
 
Sur tous le grand Eumolpe, et le divin Orphee,
Et Line, et Amphion,
Et Musee, et celuy, dont la plume eschauffee
Mist en cendre Ilion.
 
Le loüengeur Thebain, le chantre de Mantoüe,
Le Lyrique latin,
Et aveques Seneque, honneur grand de Cordoüe,
L’amoureus Florentin :
 
Tous vont battant des mains, sautellent de liesse,
S’entredisant entre eux,
Voyla celuy, qui donte et l’Itale et la Grece
En poëmes nombreus :
 
L’un vous donne sa lyre, et l’au[t]re sa trompette,
L’autre vous veut donner
Son Myrthe, son Lierre, ou son Laurier profette,
Pour vous en couronner.
 
Ainsi vivez heureuse, ame toute divine,
Tandis que le destin
Nous reserve aus malheurs de la France, voysine
De sa derniere fin.
 
Elegy on the death of the late M.de Ronsard
 
To M. Desportes, abbot of Thiron
 
 
Nature is to men above all others cruel,
We do not see animals
On earth or in the skies, or in the treacherous seas,
Suffering so many ills.
 
The eternal ray of the divine essence
Which we receive at birth
With a hundred passions troubles our sad days
While we live.
 
And not only while we live does it torture us,
But injures us at our death,
For foreseeing death is to us harder
Than the event itself will be.
 
As soon as our spirit reasons within our brains,
We begin to fear it,
And without this terror which reason gives us
We would not be so frightened of it.
 
We are frightened of dying, of losing the light
Of the radiant Sun,
We are frightened of crossing, on the planks of a bier,
The Stygian river;
 
We are frightened of leaving our delightful homes,
Our goods and our honours,
Those fine dignities which make us respected
And noticed by lords.
 
The inhabitants of the forests, the air and the rivers
Who do not see so far,
Fall daily to death-dealing snares
Without troubling themselves with worries.
 
Their life is happier, and less subject to the troubles
And various burdens
Which we weakly suffer in our human souls,
Overcome by disasters.
 
Sometimes love afflicts us, that tyrant of our youth,
Sometimes the greedy hunger
For harmful gold, which makes everyone abandon
Virtue for gain.
 
This man torments himself seeking empty greatness,
Puffed up with ambition,
That man’s veins are poisoned by envy,
That cruel passion.
 
Hatred, anger, spite, sorrow,
Hurtful bitterness,
And tender pity for the weak who are oppressed
Bubble away in our hearts.
 
And that’s our life, o wretched men!
We seem to be born
To be, while we are in this world,
Always unfortunate.
 
And even when heaven includes
Some happiness in a good life,
Sorrowful death which envies men
Steals it from us soon enough.
 
Just so the fresh mosaic of a gay meadow
Is suddenly wiped away,
Just so the lovely tint of a crimson rose
Is soon enough past.
 
The year’s youth does not last long,
But Winter with his stiff fingers
And Summer scorched by the heavenly flame
Last almost forever.
 
Alas, sweet Spring, your faded freshness
Returns to the same state [each year]
But when once our youth is finished
It does not return.
 
Old age takes us, sickly and disagreeable,
Death’s hostess,
And, full of ills, pushes us into a dug grave
From which none ever escapes.
 
Desportes, whom the Muse honours and favours
Among all those of us who have
Followed holy Apollo and learned his wisdom
Upon the double mount:
 
You see this Ronsard, the marvel of our age,
The glory of the world,
Feeding with his dead flesh – an inescapable indignity –
A stream of worms.
 
Nothing have your Apollo and his maiden Muses
Profited him,
Although for him they abandoned
The twin mounts of Parnassus,
 
And although they have spent time, to the harmonies of his lyre,
In this France of ours,
To sing of our Kings and announce their victories,
Or to celebrate love.
 
It’s very clear that the god who loved him from infancy
Excepted from death
His divine songs, and yet could not except from it
The singer himself.
 
It will be the same for you: for although your glory,
Spreading to every place,
Will not descend, smothered, into a dark tomb
Like unproductive folk’s,
 
And though your sacred verse, which for shame makes
The greatest in the business fall silent,
Makes the pen and paper fall from our hands,
When we wish to use them:
 
Yet still you will see the river where every man arrives,
And you will pay the penny
Which the greedy Boatman takes
That we may pass to the other side.
 
Why are we not like the rippling waters
Which don’t change their course?
Or the eternal movement of the sea’s waves
Which break and break again?
 
Isn’t it a pity that those sharp rocks
Which seem to despise
The winds, the tides, storms and battering of lightning,
The anger of Jupiter,
 
Live on eternally, remain eternally
In their stony forms,
And that men like the great Ronsard die
By harsh fate?
 
O grievous destiny! A man who approaches
The divine
Is stolen from this world, and a rock-face
Lasts an eternity.
 
Who will be able henceforth with so strong a voice
To thunder as they should
Of my King’s glory, since the muse is dead
Who sang it so loudly?
 
Who shall sing of his combats? Of his bloody battles?
Who when young, as the Duke of Anjou,
Overthrew with his might the protestant troops
On the plains of Poitou …
 
Deportes, who will it be? Once, perhaps, your muse
Was worthy to be in his place;
But fleeing worldly honours today she employs herself
Only in the praise of God.
 
So who will it be? What voice sufficient
To celebrate gravely
Our joyous Achilles, whose budding glory
Grows daily?
 
Who shall speak of his courage, unconquered by strife,
Unconquered by fear,
And how it equipped with a human soul
A magnanimous heart?
 
How it is hungry for honour, for honour alone,
Liberal with other good things,
Cherishes everyone, even those who fall away
From the king’s service?
 
Do not permit, Clio, and Apollo do not permit
That Ronsard, defeated
By grievous death, should not find a Poet
To sing of his worth.
 
Farewell, my dear Ronsard, may the bees always
Make their honey on your tomb,
May balm from Arabia forever fall there
With manna from heaven.
 
May the laurel flourish there, along with ivy
And lovers’ myrtle,
Rich with a thousand buds, and on all sides may
The perfumed rose-bush embrace it,
 
And thyme, basil, the simple daisy,
Our lily of France,
And that red flower on which is written the plaint
Of the unhappy Greek.
 
May the nymphs of Gastine and the holy water-nymphs
Who live in the Loir
Having just poured out and expressed their tears for you
Not cease from grieving.
 
Alas! Clotho has cut the thread of your life
With her pitying hand,
Seeing it accompanied by old age and gout,
Those inhuman tortures,
 
And seeing our poor France, wounded in her body
By the bloody struggles
Of her children, who have so many times ravaged her,
Sighing for death;
 
And Switzerland at war, giving itself over to strife,
England enclosed by the seas,
And those who drink from the Po, Tagus and Danube
Drowning beneath their waters;
 
Just like the vulture, which with its executioner’s claws
Endlessly rakes
The liver of Prometheus, in new pastures
Renewing blow on blow,
 
Inhuman murders take place between brothers,
A horrific sight,
And now children rush upon their fathers
In blind madness;
 
The hearts of city-dwellers are filled with Furies,
The country-folk, swept aside,
Die in their rows; we see nothing but killings
Throughout the deserted countryside.
 
And yet you go on singing of the honour of our France
In times so accursed:
Do you expect anyone to reward your labours
As they did in the past?
 
Wretched poverty accompanies our songs;
The Muse, her eyes lowered,
Leaves us, seeing that we disdain
Her former amusements.
 
So, you are fortunate, and your death fortunate,
O Swan of the French,
Lament only for us, whose troubled lives
Die a thousand times every day.
 
You now wander in the fields of Elysium,
In the shade of the orchards
Where at all times, secure from cold northerly winds,
The tawny orange-trees are laden;
 
Where the meadows are always carpeted in green,
The vines with grapes,
And the little birds go chattering to the murmur
Of crystalline streams.
 
There the cedar sweats its perfumed gum,
And the tree of Lebanon
Weeps both amber and myrrh, received at its father’s bed,
All year long.
 
Running up in a great crowd, around you press
The ancient heroes
Who drink nectar and feed on ambrosia
On the banks of Elysium,
 
Above all great Eumolpe and godlike Orpheus
And Linus and Amphion
And Musaeus, and he whose burning pen
Set fire to Troy;
 
The Theban praise-singer, the poet of Mantua,
The Latin lyricist
And, with Seneca the great glory of Cordoba,
The Florentine love-poet,
 
All of them clapping their hands, leaping with joy,
Saying to one another,
“There he is, the man who surpassed Italy and Greece
In many a poem”.
 
One of them gives you his lyre, another his trumpet,
Another tries to give you
His myrtle, his ivy, or his prophetic laurel
To crown you with them.
 
So, live on happily, godlike soul,
While fate keeps us back
For the misfortunes of France, close
To her final end.
 

 

(In verse 15, I have amended one word slightly, to form a proper sentence – though Garnier may have been deliberately leaving the sentence hanging.)
 
As one would expect, Garnier’s tribute ranges over the areas Ronsard himself wrote about – the King and the civil wars, classical myth, nature, love poetry, Ronsard’s home on the Loir … So there are plenty of relatively obscure references perhaps worth amplifying:
 – the dedication is to Ronsard’s “successor”, Philippe Desportes – a lesser poet, but one whose fame eclipsed Ronsard’s in the latter portion of his life;
 – verse 5, the “Stygian river”, the Styx, is the river between the living world and Hades, across which Charon the ferryman or boatman (verse 25) takes all dead souls;
 – verses 18 & 20, Parnassus (the ‘double mount’, at right – photo credit Rens van der Sluijs) is the traditional home of the Muses. Ovid called it ‘biceps’, that is ‘two-headed’, and between its twin peaks was Delphi, the ‘omphalos’ (navel, centre) of the world;
 – verse 33, ‘Achilles’ (the great soldier) means of course the King
 – verse 37, Clio is usually the Muse of history, but sometimes also the Muse of lyre-playing: both seem appropriate here;
 – verse 40, the ‘unhappy Greek’ is not Narcissus but Hyacinthus, whose flower bears the Greek letters AIAI (‘alas’, ‘woe’);
 – verse 41, the Gastine & Loir are familiar as part of Ronsard’s beloved estates;
 – verse 42, Clotho is one of the Fates who determine the length of a man’s life – though note that Clotho is normally the Fate who spins the thread of life, Atropos the one who cuts it …
 – verse 45, the story of Prometheus eternally having his liver torn out by the eagle (or vulture) by day only for it to re-grow overnight, is well-known;
 – verse 53, I confess I have no idea what the end of line 3 (“received at its father’s bed”) is referring to … Ideas welcome. Amber and myrrh (like frankincense too) are resinous – and therefore associated with the resin-rich cedars of Lebanon, though myrrh in particular comes form small thorn-trees not huge cedars;
 –  verse 55-56 list many of the greatest poets of the past, legendary and historical.
     – Eumolpe (or Eumolpos – which means ‘beautiful song’) was founder of the Eleusininan mysteries in ancient Athens;
     – ‘godlike Orpheus’ is still well-known to us if only for carelessly losing Eurydice after charming Cerberus, the hell-dog, and Hades himself with his song;
     – Linus, sometimes viewed as Orpheus’s brother, was the inventor of lyric song and/or the harp;
     – Amphion, one of the founders of Thebes, was taught music by the god Hermes himself – and has a modern poetic form named after him;
     – Musaeus, lawgiver of Athens, was also was held to have been one of the great poets by Athenians – Socrates in the Apology links his name with three others in this list: “What would not a man give if he might converse with Orpheus and Musaeus and Hesiod and Homer?”;
     – Homer indeed is the next on the list, he “whose burning pen Set fire to Troy”;
     – the “Theban praise-singer” is Hesiod, associated with Mt. Helicon in Boeotia.
Bringing us from legendary to historical poets, “the poet of Mantua” is Virgil and the “Latin lyricist” is Horace. Seneca, although we think of him as Roman, was indeed born in Spain, in Cordoba; and last in the list and the only ‘modern’, the love-poet from Florence is of course Petrarch.

 

To Robert Garnier (4)

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Le vieil cothurne d’Euripide
Est en procez entre Garnier
Et Jodelle, qui le premier
Se vante d’en estre le guide.
 
Il faut que ce procez on vuide,
Et qu’on adjuge le laurier
A qui mieux d’un docte gosier
A beu de l’onde Aganippide.
 
S’il faut espelucher de prés
Le vieil artifice des Grecs,
Les vertus d’une œuvre et les vices,
 
Le sujet et le parler haut,
Et les mots bien choisis ; il faut
Que Garnier paye les espices.
 
 
 
 
                                                                            The ancient buskin of Euripides
                                                                            Is being contested between Garnier
                                                                            And Jodelle, who first
                                                                            Boasted of being our guide in this art.
 
                                                                            We must abandon this trial,
                                                                            And award the laurel
                                                                            To him who with learned throat
                                                                            Has drunk best of Aganippe’s waters.
 
                                                                            If we must examine closely
                                                                            The ancient art of the Greeks,
                                                                            The virtues and vices of a body of work,
 
                                                                            Subjects and grand style
                                                                            And words well-chosen, then must
                                                                            Garnier take the prize.

 

 
 
After yesterday’s Alexandrines for Aeschylus, we have octosyllables (tetrameters) for Euripides!  (Note, incidentally, that we have also had decasyllables (pentameters) in one of these sonnets – Ronsard is keen to show his virtuosity in the context of framing Garnier’s tragedies!)  Estienne Jodelle, another friend of Ronsard’s represents the earlier school of French drama; it is generally agreed that Garnier’s work was a major step forward from Jodelle’s. Aganippe is the name of the spring at the foot of Mount Helicon, home of the Muses; in fact, the Muses were sometimes called the ‘Aganippides’ (children of Aganippe) & it would be perfectly possible to translate “l’onde Aganippide” as ‘the Muses’ waters’.
 
The last line deserves a brief note:  literally, “Garnier must pay the spices”:  although judgement was supposed to be free at the time, it had become the custom for the winnder of a trial to reward the judge in spices or other rare foods. For some reason the fact that it was food not money seems to have made it seem acceptable and not a form of bribery! So, as Garnier must pay over the spices to the judge, he must be the winner of the legal contest. While Ronsard is thus consistent in his use of a legal metaphor throughout, I have opted for ‘take the prize’ which is better suited to a sporting contest: apologies for mixing my metaphors and misrepresenting Ronsard!
 
That brings us to the end of this set of 4 sonnets.  Now it must be time to take up the first book of Amours, for Cassandre, again and return to the poetry with which Ronsard made his name.
 
 
 
 

To Robert Garnier (3)

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Quel son masle et hardy, quelle bouche héroique,
Et quel superbe vers enten-je icy sonner ?
Le lierre est trop bas pour ton front couronner,
Et le bouc est trop peu pour ta Muse tragique.
 
Si Bacchus retournoit au manoir Plutonique,
Il ne voudroit Eschyle au monde redonner,
Il te choisiroit seul, qui seul peux estonner
Le theatre François de ton cothurne antique.
 
Les premiers trahissoient l’infortune des Rois,
Redoublant leur malheur d’une trop basse voix :
La tienne comme foudre en la France s’écarte.
 
Heureux en bons esprits ce siecle plantureux :
Auprés toy, mon Garnier, je me sens bien-heureux,
De quoy mon petit Loir est voisin de ta Sarte.
 
 
 
 
                                                                            What sound, manly and bold, what heroic voice,
                                                                            And what proud verse do I hear ringing out here?
                                                                            The ivy is too poor to crown your brow,
                                                                            And the ram too little for your tragic Muse.
 
                                                                            If Bacchus returned to Pluto’s domain
                                                                            He would not want to give Aeschylus back to the world,
                                                                            He would choose only you, who alone can astonish
                                                                            French theatre with your antique buskin.
 
                                                                            Earlier writers betrayed the misfortune of kings,
                                                                            Redoubling their misfortunes with too poor a voice:
                                                                            Yours, like thunder, rolls forth across France.
 
                                                                            Blessed with great spirits is this bounteous age;
                                                                            Beside you, my Garnier, I feel myself fortunate
                                                                            That my little Loir neighbours your Sarte.

 

 
 
As with the previous poem, Ronsard writes here in his usual Alexandrines. They seem appropriate for a poem proclaiming the voice of thunder with which Garnier speaks, and for comparing him with Aeschylus, perhaps the most noble and high-flown of the three great Greek tragedians and the most natural compaarator (in my view) for the French grand style. (By contrast, Shakespeare is comfortable in Sophoclean or Euripidean style, though he can rise to Aeschylean heights when he wants to:  French tragedy cannot descend to the commonplace of Euripides, and rarely to the middle ground of Sophocles!)  Incidentally this is the first time one of the ancient Greek tragedians has been mentioned in a poem (as opposed to a footnote) on this blog.
 
Having said which, it is pretty obvious that the compliment is over-blown… and Ronsard’s self-deprecation in the final line doesn’t of course stop him making sure we know exactly who has written this encomium!  I imagine Ronsard with his tongue in his cheek; and I have to say I like his style here!
 
In the first stanza the ivy wreath or laurel wreath is an ancient tragic prize; the ram is a sacrifice appropriate to the gods of ancient Greece, but as Ronsard says here too small to say thank you for so great a talent as Garnier…
 
 
 
 

To Robert Garnier (2)

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Il me souvient, Garnier, que je prestay la main
Quant ta Muse accoucha, je le veux faire encore :
Le parrain bien souvent par l’enfant se decore,
Par l’enfant bien souvent s’honore le parrain.
 
Ton ouvrage, Garnier, Tragique et Souverain,
Qui fils, parrain ensemble, et toute France honore,
Fera voller ton nom du Scythe jusque au More,
Plus dur contre les ans que marbre ny qu’airain.
 
Réjoüy-toy, mon Loir, ta gloire est infinie,
Huyne et Sarte tes sœurs te feront compagnie,
Faisant Garnier, Belleau et Ronsard estimer :
 
Trois fleuves qu’Appollon en trois esprits assemble.
Quand trois fleuves, Garnier, se desgorgent ensemble,
Bien qu’ils ne soient pas grands, font une grande mer.
 
 
 
 
                                                                             I am reminded, Garnier, that I lent a hand
                                                                             When your Muse was giving birth, I would like to do it again;
                                                                             The godfather often gains glory through the child,
                                                                             Through the child the godfather is often honoured.
 
                                                                             Your oeuvre, Garnier, tragic and regal,
                                                                             Which child, godfather, and all of France together honour,
                                                                             Will make your name known from Scythia to the Moor,
                                                                             Stronger against the years than marble or bronze.
 
                                                                             Rejoice, my Loir, your fame is infinite,
                                                                             Your sisters the Huyne and Sarte will bear you company,
                                                                             Making Garnier, Belleau and Ronsard renowned;
 
                                                                             Three rivers which Apollo gathered in three spirits.
                                                                             When three rivers flow together, Garnier,
                                                                             Even if they are not great, they make a great sea.

 

 
 
I find the beginning strangely attractive – ‘il me souvient’ not ‘je me souviens’.  I’ve tried to capture something of its oddness by saying not ‘I remember’ but ‘I am reminded’. In line 7 his name/renown is to ‘fly’ as far as Scythia in the east and the Moorish peoples in the south.
 
 
 
 

Sonnet to Robert Garnier

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The Galland poem reminded me of the Garnier dedications… These 4 sonnets come from Ronsard’s ‘uncollected works’ which is to say they are dedicatory poems written to go in the front of books of Garnier’s works. They demonstrate that Ronsard could exaggerate and be adulatory with the best (or worst) of them, and provide some amusing but often frankly beautiful little poems well worth seeing more of.  Marty-Laveaux collected these & others into an “Autre recueil des sonnets” (‘another collection of sonnets’), Blanchemain into “Sonnets diverses” (‘various sonnets’) – neither very inspired titles. Of the 4 Garnier sonnets to come, only the first two are in Marty-Laveaux.

 
A ROBERT GARNIER,
Prince des Tragiques.
 
Je suis ravi quand ce brave sonneur
Donte en ses vers la Romaine arrogance,
Quand il bastit Athenes en la France,
Par le cothurne acquerant de l’honneur :
 
Le bouc n’est pas digne de son bon-heur,
La liërre est trop basse recompense,
Le Temps certain qui les hommes avance,
De ses vertus sera le guerdonneur.
 
Par toy, Garnier, la Scene des François
Se change en or, qui n’estoit que de bois,
Digne où les Grands lamentent leur fortune.
 
Sur Helicon tu grimpes des derniers,
Mais tels derniers souvent sont les premiers
En ce bel art où la gloire est commune.
 
 
 
 
                                                                             TO ROBERT GARNIER
                                                                             Prince of Tragedians
 
                                                                             I am swept away when this great poet
                                                                             Tames in his verse the arrogance of Rome,
                                                                             When he builds Athens in France,
                                                                             Gaining honour through the tragic buskin;
 
                                                                             The ram is not a worthy [prize] for his good fortune,
                                                                             The ivy is too little reward,
                                                                             But unvarying Time which advances men
                                                                             Will honour him for his virtues.
 
                                                                             Through you, Garnier, the French stage,
                                                                             Which once was wood, is changed to gold,
                                                                             Worthy for the greats to lament their fate.
 
                                                                             You are climbing Helicon among the latest,
                                                                             But such latecomers are often the first
                                                                             In this fair art in which glory is common.

 

 
 
The “cothorne” (‘cothurnus’ or buskin) is the traditional footwear of antique actors – rather like the leather boots strapped up the calf or lower leg which you see in pictures of Roman soldiers.  Helicon is of course the home of the Muses and therefore the home of Art in all its forms. I love the last line: Ronsard says ‘glory is common’, perhaps meaning glory is shared by many great writers, but it’s hard not to see him as hinting strongly that it’s just too easy to gain glory with stage works, where the quality of the poetry may be overlooked amongst so many distractions…! 
 
 
 
 
 

Amours 2 — dedicatory sonnet

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[A] ROBERT GARNIER, Prince des poëtes tragicques.
 
SONNET
 
Tu gravois dans le ciel les victoires de France,
Et de nos roys sceptrez ta lyre se paissoit,
Quand ce monarque Amour, qu’elle ne cognoissoit,
Eut vouloir de luy faire entonner sa puissance.
 
Bruslant de ce desir, une fleche il eslance
Que ta jeune poitrine imprudente reçoit ;
Puis, comme le travail en flattant te deçoit,
Tu te plais à chanter le cruel qui t’offence.
 
Son nom, qui ne rouloit sur le parler françois,
Maintenant plus enflé par ta gaillarde voix
Remplit l’air estranger de sa fameuse gloire ;
 
Si que luy, amorcé de ce premier honneur,
Frappe tous ceux qu’il voit dedans Pegase boire,
Pour trouver (mais en vain) encor un tel sonneur.
 
 
 
 
                                                                            [To] Robert Garnier, prince of tragic poets:
 
 
                                                                            You wrote in the heavens the victories of France,
                                                                            And your lyre was nourished by our sceptred kings,
                                                                            When that monarch Love, which it did not recognise,
                                                                            Chose to make it thunder of his power.
 
                                                                            Burning with this desire, he shot an arrow
                                                                            Which struck your careless youthful breast ;
                                                                            Then, as the work flattered to deceive you,
                                                                            You pleased yourself in singing of the cruel one who struck you.
 
                                                                            His name, which was not spoken in the French tongue,
                                                                            Now made greater by your cheerful voice
                                                                            Fills foreign air with his renowned glory;
 
                                                                            So much that he, beginning with this first trophy,
                                                                            Shoots all those whom he sees drinking from the Pegasis,
                                                                            To find (but yet in vain) another such singer.
 
 
 
Marty-Laveaux doesn’t print this dedicatory sonnnet to Garnier in his book; so this is Blanchemain’s version. We’ve met Garnier before: Ronsard wrote a series of sonnets to go at the front of Garnier’s own works as they were published; here is one dedicating Amours 2 to him. Garnier responded after Ronsard’s death with a magnificent elegy.
 
Ronsard shows how he takes ideas that many another poet has played with, and re-knits them into a work that is entirely new and fresh – while still managing to flatter and extol the dedicatee! Though Garnier is best known as a tragic poet (as Ronsard’s dedication reminds us), his first published work was the “Plaintes amoureuses” of 1565 – three years before his first tragedy, and written while he was still a 21-year-old law student. (The book has now been lost.) In fact, apart from his “Hymne de la Monarchye” (and his “Elegy to Ronsard”) poetry by Garnier outside his tragedies is still hard to find.
 
(In fact, even though the latter part of the Elegy has been anthologised over the centuries, and can be found on the web, I’ve been unable to find the original Elegy – as published immediately after Ronsard’s death along with a flood of other poetry in honour of the great man – re-printed in full since the sixteenth century. I feel another post coming on…)
 
So, in extraordinarily disingenuous fashion, given that du Bellay’s “L’Olive” appeared in 1549 and he himself had written 220 love sonnets in his 1st book of Amours in the early 1550s, Ronsard credits Garnier with introducing love-poetry into France … !  (Let us ignore, for the moment, the love poems not in sonnet form of all the preceding generations of poets, from Saint-Gelais to Marot to Villon to Christine de Pisan to Machaut …. !)
 
 
 
 
 
 

Poems 1.20 – the Nightingale

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LE ROSSIGNOL
chantant et faisant son nid dedans un genèvre
 
Gay Rossignol honneur de la ramée,
Qui jour et nuit courtise ton aimée
Par mon jardin hoste de sa verdeur,
Quarante jours desgoisant ton ardeur
Et t’esclatant d’une voix qui gringote
Ores en haute ores en basse note,
A bec ouvert d’un siffletis trenchant,
Hachant coupant entrerompant ton chant
De cent fredons, tu donnes à ta femme
Un doux martel, amoureux de ma Dame.
 
Tu n’aurois point tant de faveur sinon
Que les vieux Grecs t’ont nommé d’un beau nom :
Mais bien de deux, t’appellent ce me semble,
D’un mesme mot, Chantre et Poëte ensemble.
 
Et je dirois, si j’estois un bragard,
Que Rossignol vient du nom de Ronsard.
 
Mais ce n’est moy qui ma Musique vante :
Soit bien soit mal, Rossignolet, je chante
Ainsi que toy pour me donner plaisir,
Quand j’ay Madame argent et le loisir.
Quoy ? qui t’esmeut de courtiser sans cesse
Et d’enchanter Genévre ma Maistresse ?
 
En ce Genévre où tu chantes de nuit,
Dessous l’escorce une pucelle vit,
A qui l’amour la peur et l’avanture
Ont fait changer de face et de nature.
 
Un jour ce Dieu tout bouquin par le front
La poursuivoit d’un pied de chévre pront.
Elle courant d’une fuite legere
Ainsi pria Diane bocagere :
Ou me transforme, ou bien fay moy mourir :
La seule mort me pourra secourir
Ains que l’ardeur de ce Bouquin je sente.
 
A-peine eut dit, qu’elle fut une plante :
Ses doigts longuets, ses bras veneux et beaux,
Comme ils estoyent, se changent en rameaux.
Son pied devint une morne racine,
Et une escorce entourna sa poitrine.
Puis ses cheveux de crainte reboursez
Espars se sont en fueilles herissez,
Et la palleur qu’elle avoit en sa fuite,
Vit sur l’escorce et tousjours y habite.
 
Un jour lassé de la chasse des loups,
Seul à l’escart je m’endormi dessous
L’ombre fatal de ce Genévre, et elle
En corps humain m’apparut toute telle
Qu’elle fut lors que le Bouc amoureux
La poursuivoit par un taillis ombreux,
Tant il avoit de flames dedans l’ame
Pour la beauté d’une si jeune Dame.
Depuis ce jour jamais je n’ay cessé
D’avoir le cœur de son amour blessé,
Et de languir pour un si beau visage.
 
Et toutefois brave de ton ramage
Chantant sifflant et faisant mille tours,
Tu veux tout seul jouyr de mes amours,
Que de bon cœur, Rossignol, je te laisse :
Car tu vaux mieux que ne fait ma Maistresse.
 
Et qui plus est, comme on voit un mary
Plein de finesse entre Dames nourri,
Faire secret l’amour à sa voisine :
Quand il n’a pas une femme trop fine,
La persuade avec un beau parler,
De la hanter, visiter et d’aller
Boire et manger souvent avecques elle,
A fin d’avoir (par une ruse telle)
Plus de moyen d’œillader les beaux yeux
Qui de son cœur se font victorieux.
 
Ainsi rival ta femme tu ameines
Dedans cest arbre, où d’un nid fait de laines
Mousses, duvets, ses petits elle pond,
Esclost, escouve, et qui apres se font
Ainsi que toy au retour des fueillages
Quarante jours Sereines des bocages.
 
Quoy ? Rossignol, la voix ne te defaut !
Et par despit tu t’efforces plus haut !
 
Puis qu’autrement ma verve poëtique
Ne peut gaigner ton ramage rustique,
Va, Rossignol, je laisse seul pour toy
L’arbre amoureux qui n’a souci de moy,
L’arbre gentil, et toutefois farouche,
Qui fait saigner aussi tost qu’on le touche.
 
Tandis, Girard, que la fiévre me tient
Reins, teste, flanc, la Muse m’entretient,
Et de venir à mon lit n’a point honte.
 
Or des propos que sa bouche me conte
Je t’en fais part, à fin qu’à l’advenir
De ton Ronsard te puisses souvenir.
The Nightingale
singing and making its nest in a juniper-bush
 
Happy nightingale, the branch’s pride,
Who court your beloved day and night
In my garden, the guest of its greenery,
For forty days singing of your passion
And crying out with a voice which chirps
Now with a high, now with a low note,
Your beak open in a piercing whistle,
Chopping, cutting off and interrupting your song
With a hundred twitterings, you give your wife
A sweet jealousy, beloved of my Lady.
 
You’d not have such favour if
The ancient Greeks had not given you a fine name ;
Indeed with two, it seems to me, thay named you
In a single word, Singer and Poet together.
 
And I would say – if I were a braggart –
That ‘Rossignol’ [Nightingale] comes from the name ‘Ronsard’.
 
But it’s not myself my poems boast of :
For good or bad, nightingale, I sing
Like you to give myself pleasure,
Since I have my Lady, money and leisure-time.
What or who [ moved ] you to court unceasingly
And to enchant my mistress, the Juniper ?
 
In that juniper where you sing at night,
Beneath the bark there lives a maiden
Whose form and nature have been changed
By love, fear and mischance.
 
One day that god with horns on his brow
Was pursuing her on his swift stag’s-foot.
As she ran with light fleeing steps,
She prayed thus to Diana, goddess of the woods :
« Transform me, or let me die :
Death alone can help me
Such is this Horned God’s passion I feel. »
 
She had barely spoken when she became a plant :
Her fingers long and thin, her arms veined and fair
As they were, changed into branches.
Her feet became a sad root,
And bark encircled her breast.
Then her hair, standing up in fear,
Was spread out in bristling leaves
And the pallor she had in her flight
Lived on in the bark, and still remains there.
 
One day, tired from hunting wolves,
Alone and apart i fell asleep beneath
The fatal shade of this juniper, and she
Appeared to me in human form just as
She had been when the amorous Horned God
Pursued her through a shady copse,
Such a fire had he in his soul
Because of so young a lady’s beauty.
Since that day i have never ceased
To bear a wound in my heart for her love,
And to pine for so pretty a face.
 
And yet bold in your plumage,
Singing, whistling and turning a thousand times,
You want to be the only one enjoying that love of mine
Which I happily resign to you, nightingale ;
For you are worth more than my mistress !
 
And what is more, as one sees a married man
Full of cunning, fostered among the ladies,
Making secret love to his neighbour ;
if he has a wife who is not too clever,
He persuades her with fine words
To visit and see her frequently, to go
To eat and drink often with her,
So that hem ay have (by such a ruse)
More means of looking into the fair eyes
Which have conquered his heart ;
 
Just so you are bringing your own wife as a rival
To this tree, where in a nest made of wool,
Moss, feathers she lays her little ones,
Hatches, broods them, and after that becomes
Like you, when the leaves come back,
For forty days the Sirens of the woods.
 
May your voice not fail you, nightingale !
In envious competition, force yourself higher !
 
As otherwise my poetic inspiration
Cannot beat your rustic plumage,
Go on, nightingale – I leave for you alone
The tree I love which has no care for me,
The noble tree yet still timid
Which bleeds as soon as it is touched.
 
Yet, Girard, while the fever grips my
Guts, head, body, my Muse converses with me
And is not ashamed to come to my bed.
So, the words which her mouth relates
I share with you, that in the future
You may remember your Ronsard.
 
It’s the story of Daphne, pursued by Apollo, and turned into a laurel tree, which inspires this tale of a nymph turned into a juniper tree. As far as I know there isn’t a classical myth regarding the juniper, just Ronsardian invention.
 
As a footnote, it is possible there was a real lady Genèvre, with whom Ronsard flirted – though probably some time earlier than the late 1560s when he wrote this. There are two Elegies to her (though neither is especially ‘elegiac’ in tone); and she may have been the wife of Blaise de Vigenère, diplomat, scholar, alchemist and the “perfect incarnation of erudite genius in the Renaissance”.  His name may be familiar as the inventor (or rather improver) of the Vigenère cypher, which is an excellent simple cypher still useable today. But in his time he was known as translator of a range of Roman and Greek works, and author of works on alchemy (or perhaps chemistry) and comets, among others. Perhaps it would be appropriate for Ronsard to disguise his wife under a ‘cipher’, in the form of an anagram: Vigenère –> Genièvre.
 
The poem is dedicated to Jehan Girard, a friend of Robert Garnier (the tragedian, whom we’ve met before) and a councillor in Le Mans – not the Jehan Girard who  was printing protestant books in Geneva a decade or two earlier!
 
Back to the poetry. It’s odd that something which looks so much like an oocasional poem should have attracted so much revision by Ronsard. But let’s remember that what appears a little playful address to a bird, is in fact closely modelled on episodes in Ovid’s Metamorphoses, and aspires to similar heights. Blanchemain’s (early) version is set out below in full, so much variation is there. Note that this version carries a dedication to Claude Binet, poet and Ronsard’s first biographer.  But this is not the first time we’ve seen Ronsard adapt an earlier dedication to another subject later in life, reflecting the changing patterns or networks of influence and patronage over time.
 
 
LE ROSSIGNOL
chantant et faisant son nid dedans un genévre de son jardin
 
A Claude Binet
 
 
Gay Rossignol honneur de la ramée,
Qui jour et nuict courtises ton aimée
Dans mon jardin desgoisant tes amours
Au mois d’avril le père des beaux jours,
Et t’esclatant d’une voix qui gringote
Ores en haute, ores en basse note,
A gorge ouverte, à pleins poulmons trenchant,
Hachant coupant entre-rompant ton chant
De cent fredons, tu donnes à ta femme
Un doux martel. Amoureux de ma Dame,
Tu m’es rival, d’où vient cela ? sinon
Que les vieux Grecs t’ont nommé d’un beau nom :
Mais bien de deux, t’appellant ce me semble,
D’un mesme mot, Chantre et Poëte ensemble.
Et je dirois, si j’estois un bragard,
Que Rossignol vient du nom de Ronsard.
 
Mais ce n’est moy dont ma Muse se vante :
Soit bien soit mal, Rossignolet, je chante
Ainsi que toy pour me donner plaisir,
Quand j’ay maistresse, argent et le loisir.
Quoy ? qui t’esmeut de caresser sans cesse
De tes fredons Genévre ma Maistresse ?
 
En ce Genévre où tu chantes de nuit,
Dessous l’escorce une pucelle vit,
A qui l’amour la peur et l’avanture
Ont fait changer de face et de nature.
 
Un jour ce Dieu, qui a cornes au front
La poursuivoit d’un pied de chévre pront.
Elle courant, ayant recours aux larmes,
Ainsi pria : « Diane, par tes charmes
Ou me transforme, ou bien fay moy mourir :
La seule mort me pourra secourir
Ains que l’ardeur de ce Bouquin je sente. »
 
A-peine eut dit, qu’elle fut une plante :
Ses doigts longuets, ses bras veineux et beaux,
A longs fourchons se fendent en rameaux ;
Son pied devint une morne racine,
Et une escorce entourna sa poitrine.
Ses longs cheveux de crainte rebroussez,
Espars se sont en fueilles herissez,
Et la palleur qu’elle avoit en sa fuite,
Vit sur l’escorce et tousjours y habite.
 
Un jour lassé de la chasse des loups,
Seul à l’escart je m’endormi dessous
L’ombre fatal de ce Genévre, et elle
En corps humain m’apparut toute telle
Qu’elle fut lors que le Bouc amoureux
La poursuivoit par un taillis ombreux,
Tant il avoit de flames dedans l’ame
Pour la beauté d’une si jeune Dame.
Depuis ce jour jamais je n’ay cessé
D’avoir le cœur de son amour blessé,
Et de languir pour un si beau visage.
 
Et toutefois hautain de ton ramage
Chantant sifflant et faisant mille tours,
Tu veux tout seul jouyr de mes amours,
Que de bon cœur, Rossignol, je te laisse :
Car ton fredon merite ma Maistresse.
 
Et qui plus est, comme on voit un mary
Plein de finesse entre Dames nourri,
Faire secret l’amour à sa voisine :
Quand il n’a pas une femme trop fine,
La persuade avec un beau parler,
De la hanter, visiter et d’aller
Boire et manger souvent avecques elle,
A fin d’avoir (par une ruse telle)
Plus de moyen d’œillader les beaux yeux
Qui de son cœur se font victorieux.
 
Ainsi rival ta femme tu ameines
Dedans cest arbre, où d’un nid fait de laines
Mousses, duvet, ses petits elle pond,
Esclost, escouve, et abeche, qui sont
Un an après, au retour des fueillages
Quarante jours Sereines des bocages.
 
Quoy ? Rossignol, la voix ne te defaut !
Et par despit tu t’efforces plus haut !
 
Puis qu’autrement ma verve poëtique
Ne peut gaigner ton ramage rustique,
Va, Rossignol, tu auras seul pour toy
L’arbre amoureux qui n’a souci de moy,
L’arbre gentil, et toutefois farouche,
Qui fait saigner aussi tost qu’on le touche.
 
Tandis, Binet, que la fiévre me tient
Reins, teste, flanc, la Muse m’entretient,
Et de venir à mon lit n’a point honte.
 
Or des propos que sa bouche me conte
Je t’en fais part, à fin qu’à l’advenir
De ton Ronsard te puisse souvenir.
The Nightingale
singing and making its nest in a juniper-bush in his garden
 
To Claude Binet
 
 
Happy nightingale, the branch’s pride,
Who court your beloved day and night
In my garden, singing of your passion
In the month of April, father of fine days,
And crying out with a voice which chirps
Now with a high, now with a low note,
Your throat open, whistling fit to burst,
Chopping, cutting off and interrupting your song
With a hundred twitterings, you give your wife
A sweet jealousy. Beloved of my Lady,
You are my rival – why is that ? unless because
The ancient Greeks gave you a fine name ;
Indeed two, naming you, it seems to me,
In a single word, Singer and Poet together.
And I would say – if I were a braggart –
That ‘Rossignol’ [Nightingale] comes from the name ‘Ronsard’.
 
But it’s not myself my Muse boasts of :
For good or bad, nightingale, I sing
Like you to give myself pleasure,
Since I have a mistress, money and leisure-time.
What or who inspired you to caress unceasingly
With your chirping my mistress, the Juniper ?
 
In that juniper where you sing at night,
Beneath the bark there lives a maiden
Whose form and nature have been changed
By love, fear and mischance.
 
One day that god who has horns on his brow
Was pursuing her on his swift stag’s-foot.
As she ranhaving recourse to tears,
She prayed thus : « Diana, by your charms
Transform me, or let me die :
Death alone can help me
Such is this Horned God’s passion I feel. »
 
She had barely spoken when she became a plant :
Her fingers long and thin, her arms veined and fair
Split into long-forked branches.
Her feet became a sad root,
And bark encircled her breast.
Her long hair, pulled back in fear,
Was spread out in bristling leaves
And the pallor she had in her flight
Lived on in the bark, and still remains there.
 
One day, tired from hunting wolves,
Alone and apart i fell asleep beneath
The fatal shade of this juniper, and she
Appeared to me in human form just as
She had been when the amorous Horned God
Pursued her through a shady copse,
Such a fire had he in his soul
Because of so young a lady’s beauty.
Since that day i have never ceased
To bear a wound in my heart for her love,
And to pine for so pretty a face.
 
And yet proud of your plumage,
Singing, whistling and turning a thousand times,
You want to be the only one enjoying that love of mine
Which I happily resign to you, nightingale ;
For your chirping is worthy of my mistress.
 
And what is more, as one sees a married man
Full of cunning, fostered among the ladies,
Making secret love to his neighbour ;
if he has a wife who is not too clever,
He persuades her with fine words
To visit and see her frequently, to go
To eat and drink often with her,
So that hem ay have (by such a ruse)
More means of looking into the fair eyes
Which have conquered his heart ;
 
Just so you are bringing your own wife as a rival
To this tree, where in a nest made of wool,
Moss, down, she lays her little ones,
Hatches, broods and cuddles those who are
A year later, when the leaves come back,
For forty days the Sirens of the woods.
 
May your voice not fail you, nightingale !
In envious competition, force yourself higher !
 
As otherwise my poetic inspiration
Cannot beat your rustic plumage,
Go on, nightingale – you shall have for yourself alone
The tree I love which has no care for me,
The noble tree yet still timid
Which bleeds as soon as it is touched.
 
Yet, Binet, while the fever grips my
Guts, head, body, my Muse converses with me
And is not ashamed to come to my bed.
 
So, the words which her mouth relates
I share with you, that in the future
It may remind you of your Ronsard.
 
 
 
 
 

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[Note: this table lists both variants of first lines if Marty-Laveaux & Blanchemain use different texts.]

 
A ce malheur qui jour et nuit me poingt
Adieu belle Cassandre, et vous belle Marie,
A fin qu’à tout jamais de siecle en siecle vive
A fin qu’en renaissant de siecle en siecle vive
Afin que ton honneur coule parmy la plaine
A fin que ton renom s’estende par la plaine
Agathe, où du Soleil le signe est imprimé
Ah longues nuicts d’hyver, de ma vie bourrelles
Ah ! que malheurueux est celui-là qui s’empestre
Ah !  seigneur Dieu !  que de graces écloses
Ah traistre Amour, donne moy paix ou treve
    [ Ah! = see also Ha! ]
Ailés démons qui tenez de la terre
A l’aller, au parler, au flamber de tes yeux
Aller en marchandise aux Indes precieuses
Alors que plus amour nourrissoit mon ardeur
Amelette Ronsardelette
Amour abandonnant les vergers de Cytheres
Amour, Amour, donne moy paix ou treve
Amour, Amour, que ma maîtresse est belle !
Amour archer d’une tirade ront
Amour archer toutes ses fleches ront
Amour a tellement ses fleches enfermees
Amour (comme l’on dit) ne naist d’oisiveté
Amour, dont le traict vainqueur
Amour, dy je te prie (ainsi de tous humains)
Amour, dy-moy, de grace (ainsi des bas humains)
Amour estant marry qu’il avoit ses sagettes
Amour est sans milieu, c’est une chose extrême
Amour est un charmeur : si je suis une année
Amour et Mars sont presque d’une sorte
Amour (j’en suis tesmoin) ne naist d’oisiveté
Amour me paist d’une telle Ambrosie
Amour me tue, et si je ne veus dire
Amour, que j’aime à baiser les beaux yeux
Amour, quel dueil, et quelles larmes feintes
Amour, que n’ay-je en escrivant, la grace
Amour, qui as ton regne en ce monde si ample
Amour, quiconque ait dit que le ciel fut ton pere
Amour, qui dés jeunesse en ton camp m’as tenu
Amour, qui si longtemps en peine m’as tenu
Amour, si plus ma fièvre se renforce
Amour, tu me fis voir pour trois grandes merveilles
Amour voulut le corps de ceste mousche prendre
Amour, voyant du Ciel un pescheur sur la mer
Ange divin, qui mes playes embâme
A pas mornes et lente seulet je me promeine
A Phebus, mon Grevin, tu es du tout semblable
A Phebus, Patoillet, tu es du tout semblable
Apres ton cours je ne haste mes pas
Astres qui dans le ciel rouez vostre voyage
A ton frere Pâris tu sembles en beauté
A toy chaque an j’ordonne un sacrifice
Au cœur d’un val esmaillé tout au rond
Au fond d’un val esmaillé tout au rond
Au mesme lict où pensif je repose
Au plus profond de ma poitrine morte
Aurat, après ta mort la terre n’est pas digne
Aussi tost que Marie en terre fut venue
Autant qu’au Ciel on voit de flames
Avant le temps tes temples fleuriront
Avant qu’Amour du Chaos ocieux
Avec les fleurs et les boutons esclos
Avec les lis les oeillets mesliez 
Avecque moy pleurer vous devriez bien
 
Beauté dont la douceur pourroit vaincre les Rois 
Bel aubespin verdissant
Belle et jeune fleur de quinze ans
Belle gentille honneste humble et douce Marie
Bienheureux fut le jour où mon ame sujette
Bien mille fois et mille j’ay tenté
Bien qu’à grand tort il te plaist d’allumer
Bien que les champs, les fleuves et les lieux
Bien que l’esprit humain s’enfle par la doctrine
Bien que six ans soyent ja coulez arriere
Bien que ton œil me face une dure ecarmouche
Bien que ton trait, Amour, soit rigoureux
Bien qu’il te plaise en mon coeur d’allumer
Bois, Janin, à moy tour à tour
Boivon, le jour n’est si long que le doy
Bon jour ma douce vie, autant remply de joye
Bon jour mon cœur, bon jour ma douce vie
Boy, Janet, à moy tour à tour
 
Cache pour ceste nuit ta corne, bonne Lune
Calliste, pour aimer je crois que je me meurs
Calliste, pour aimer je pense que je me meurs
Cassandre ne donne pas
Ce beau coral, ce marbre qui soupire
Ce fol penser pour s’en-voler trop haut
Celle qui est de mes yeux adorée
Celuy qui fist le monde façonné
Celuy qui n’ayme est malheureux
Ce ne sont qu’haims, qu’amorces et qu’apas
Cent et cent fois le jour l’Orange je rebaise
Cent et cent fois penser un penser mesme
Cent fois le jour, à part moi je repense
Cependant que ce beau mois dure
Ce-pendant que tu vois le superbe rivage
Ce petit chien, qui ma maistresse suit
Ce premier jour de May, Helene, je vous jure
Ce ris plus doux que l’oeuvre d’une abeille
Certes mon œil fut trop avantureux
Ces deux yeux bruns, deux flambeaux de ma vie
Ces flots jumeaux de laict bien espoissi
Ce siecle où tu nasquis ne te cognoist Helene
Ces liens d’or, ceste bouche vermeille
Ces petits corps culbutans de travers
Ces petits corps qui tombent de travers
Cesse tes pleurs, mon livre : il n’est pas ordonné
Ceste beauté de mes yeux adoree
C’est grand cas que d’aimer : si je suis une année
C’estoit en la saison que l’amoureuse Flore
Cet amoureux desdain, ce Nenny gracieux
Cet œil besson dont goulu je me pais
Cet œil qui fait qu’au monde je me plais
Chacun qui voit ma couleur triste et noire
Chef, escole des arts, le sejour de science
Chere maistresse à qui je doy la vie
Chere Vesper, lumiere dorée
Ciel, air et vents, plains et monts découvers
Coche cent fois heureux, où ma belle Maistresse
Comme d’un ennemy je veux en toute place
Comme je regardois ces yeux, mais ceste fouldre
Comme la cire peu à peu
Comme le chaud au feste d’Erymanthe
Comme le chaud, ou dedans Erymanthe
Comment au departir adieu pourroy-je dire?
Comme on souloit si plus on ne me blasme
Comme on voit sur la branche au mois de May la rose
Comme un Chevreuil, quand le printemps détruit
Comme une belle fleur assise entre les fleurs
Contre le ciel mon cœur estoit rebelle
Contre mon gré l’attrait de tes beaux yeux
Contre un qui luy desroba son Horace
Cruelle, il suffisoit de m’avoir pouldroyé
Cy reposent les oz de la belle Marie
Cy reposent les oz de toy, belle Marie
Cythere entroit au bain, et te voyant pres d’elle
 
Dame, depuis que la premiere fleche
Dame, je meurs pour vous, je meurs pour vous, Madame
Dame, je ne vous puis offrir à mon depart
D’Amour ministre, et de perseverance
D’autre torche mon coeur ne pouvoit s’allumer
De ceste belle, douce, honneste chasteté
De cette douce et fielleuse pasture
Dedans les flots d’Amour je n’ay point de support
Dedans un pré je veis une Naïade
De la mielleuse et fielleuse pasture
Demandes-tu, chere Marie
Depuis le jour que captif je souspire
Depuis le jour que le trait ocieux
Depuis que je suis amoureux
De quelle plante, ou de quelle racine
De ses cheveux la rousoyante Aurore
De ses Maris, l’industrieuse Heleine
Des maris grecs l’industrieuse Heleine
De soins mordans et de soucis divers
Dessus l’autel d’Amour planté sur vostre table
De ton beau poil en tresses noircissant
De ton poil d’or en tresses blondissant
De toy ma belle Grecque, ainçois belle Espagnole
Deux puissans ennemis me combatoient alors
Deux Venus en Avril de mesme deité
Deux Venus en Avril (puissante Deité)
Devant les yeux nuict et jour me revient
De veine en veine, et d’artere en artere
De vostre belle vive angelique lumiere
De vos yeus, le mirouer du Ciel et de Nature
De vos yeux tout-divins, dont un Dieu se paistroit
De vous donner le Ciel pour vos estrenes, Sire
Dictes, Maistresse, hé que vous ay-je fait !
Dieu vous gard, messagers fidelles
Di l’un des deux, sans tant me déguiser
Divin Bellay, dont les nombreuses lois
Divines Sœurs, qui sur les rives molles
Divin troupeau, qui sur les rives molles
Docte Butet, qui as monstré la voye
Doncques pour trop aimer il faut que je trespasse
Douce beauté à qui je dois la vie
Douce beauté, meurdriere de ma vie
Douce beauté qui me tenez le cueur
Douce belle amoureuse et bien-fleurante Rose
Douce belle gentille et bien-flairante Rose
Douce Maistresse touche
Doux desdains, douce amour d’artifice cachee
Doux fut le trait qu’Amour hors de sa trousse
Du bord d’Espagne, où le jour se limite
Du feu d’amour, impatient Roger
Du jour que je fus amoureux
Du grand Turc je n’ay souci
D’un abusé je ne serois la fable
D’une belle Marie, en une autre Marie
D’une vapeur enclose sous la terre
D’un gosier masche-laurier
D’un profond pensement j’avois si fort troublee
D’un solitaire pas je ne marche en nul lieu 
Du tout changé, ma Circe enchanteresse
 
En autre lieu les deux flambeaux de celle
En autre part les deux flambeaux de celle
Encependant que tu frapes au but
En ce printemps qu’entre mes bras n’arrive
En escrimant, le malheur eslança
En m’abusant je me trompe les yeux
En ma douleur, las ! chétif, je me plais
En ma douleur, malheureux, je me plais
En me bruslant il faut que je me taise
En mon coeur n’est ecrite
En mon coeur n’est point escrite
En nul endroit, comme a chanté Virgile
Entre les rais de sa jumelle flamme
Entre mes bras que maintenant n’arrive
Entre tes bras, impatient Roger
En vain pour vous ce bouquet je compose
Escoute, mon Aurat, la terre n’est pas digne
Escumiere Venus, Royne en Cypre puissante
Espouvanté, je cherche une fontaine
Estant pres de ta face, où l’honneur se repose
Estre indigent et donner tout le sien
 
Fameux Ulysse, honneur de tous les Grecs
Fauche, garcon, d’une main pilleresse
Fay refraischir le vin de sorte
Fier Aquilon horreur de la Scythie
Fleur Angevine de quinze ans
Franc de raison, esclave de fureur
Franc de travail une heure je n’ay peu
Fuyon, mon coeur, fuyon, que mon pied ne s’arreste
 
Galland, ma seconde ame, Atrebatique race
Gaspar, qui, loin de Pegase
Gay Rossignol honneur de la ramée
Genèvres herissez, et vous houx espineux
Gentil Barbier, enfant de Podalire
Grossi-toy, ma Muse Françoise
Guy, nos meilleurs ans coulent
 
Ha, Bel-acueil, que ta douce parolle
Ha Mort, en quel estat maintenant tu me changes !
Ha ! petit chien, que tu es bien-heureux
Ha, qu’à bon droit les Charites d’Homere
Ha ! que je porte et de haine et d’envie
Ha que ta Loy fut bonne, et digne d’estre apprise
Ha, seigneur dieu, que de graces écloses
Hausse ton vol, et d’une aile bien ample
Hé ! Dieu du Ciel, je n’eusse pas pensé
Helene fut occasion que Troye
Helene sceut charmer avecque son Nepenthe
Hé n’est-ce, mon Pasquier, hé n’est-ce pas grand cas ?
Hé ! que voulez-vous dire ?  Estes-vous si cruelle
Heureuse fut l’estoile fortunée
Heureux le jour, l’an, le mois et la place
Harsoir, Marie, en prenant maugré toy
Homme ne peult mourir par la douleur transi
Honneur de May, despouille du Printemps 
Hier au soir que je pris maugré toy 
Il faisoit chaud, et le somne coulant
Il faut laisser maisons et vergers et Jardins
Il me semble que la journée
Il me souvient, Garnier, que je prestay la main
Il ne sera jamais, soit que je vive en terre
Injuste Amour fusil de toute rage
 
Ja desja Mars ma trompe avoit choisie
   [ J’ai = see also J’ay ]
J’ai l’ame pour un lict de regrets si touchée
J’aime la fleur de Mars, j’aime la belle rose
J’ai veu tomber (ô prompte inimitié)
J‘alloy roulant ces larmes de mes yeux
Jaloux Soleil contre Amour envieux
Jamais au cœur ne sera que je n’aye
Janne, en te baisant tu me dis
J’attachay des bouquets de cent mille couleurs
J’auray toujours au cœur attachez les rameaux
J’auray toujours en l’ame attachez les rameaux
J’avois cent fois juré de jamais ne revoir
J’avois, en regardant tes beaux yeux, enduré
J’avois esté saigné, ma Dame me vint voir
J’avois l’esprit tout morne et tout pesant
J’ay cent fois desiré et cent encores d’estre
J’ay cent milles tourmens, et n’en voudrois moins d’un
J’ay desiré cent fois me transformer, et d’estre
J’ay honte de ma honte, il est temps de me taire
J’ay l’esprit tout ennuyé
J’ay pour maistresse une estrange Gorgonne
J’ay veu tomber (ô prompte inimitié)
Jeanne, en te baisant tu me dis
Je faisois ces Sonnets en l’antre Pieride
Je fuy les grands chemins frayez du populaire
Je fuy les pas frayez du meschant populaire
Je lamente sans reconfort
Je liay d’un filet de soye cramoisie
Je m’asseuroy qu’au changement des cieux
Je meurs helas quand je la voy si belle
Je meurs, Paschal, quand je la voy si belle
Je mourrois de plaisir voyant par ces bocages
Je ne serois d’un abusé la fable
Je ne suis point, ma guerriere Cassandre
Je ne suis point, Muses, accoustumé
Je ne suis seulement amoureux de Marie
Je ne suis variable, et si ne veux apprendre
Je ne veux comparer tes beautez à la Lune
Je ne veux point la mort de celle qui arreste
Je parangonne à ta jeune beauté
Je parangonne au Soleil que j’adore
Je parangonne à vos yeux ce crystal
Je plante en ta faveur cest arbre de Cybelle
Je reçoy plus de bien à regarder vos yeux
Je reçoy plus de joye à regarder vos yeux
J’errois à la volee, et sans respect des lois
J’errois en mon jardin, quand au bout d’une allee
Je sens de veine en veine une chaleur nouvelle
Je sens portraits dedans ma souvenance
Je sens une douceur à conter impossible
Je songeois sous l’obscur de la nuict endormie
J’espère et crain, je me tais et supplie
Je suis Amour le grand maistre des Dieux
Je suis homme né pour mourir
Je suis larron pour vous aimer, Madame
Je suis plus aise en mon cœur que les Dieux
Je suis ravi quand ce brave sonneur
Je suis si ardent amoureux
Je suis tellement amoureux
Je suis troublé de fureur
Je suis un demi-Dieu quand assis vis-à-vis
Je t’avois despitee, et ja trois mois passez
Je te hay bien (croy moy) Maistresse
Je te hay, peuple, et j’en prens à tesmoin
Je te hay, peuple, et m’en sert de tesmoin
Je te voulois nommer pour Helene, Ortygie
Je veux aymer ardentement
Je veux brusler pour m’en-voler aux cieux
Je veux chanter, Cherouvrier, le Souci
Je veux chanter en ces vers ma tristesse
Je veux lire en trois jours l’Iliade d’Homere
Je veux me souvenant de ma gentille Amie
Je veux, mon cher Belleau, que tu n’ignores point
Je veux mourir pour tes beautés, Maîtresse
Je veux pousser par la France ma peine
Je veux pousser par l’univers ma peine
Je vey tes yeux dessous telle planete
Je voudrois estre Ixion et Tantale
Je voudroy bien richement jaunissant
Je vous donne des œufs. L’œuf en sa forme ronde
Je vous donne le Ciel pour vos estrenes, Sire
Je vous envoye un bouquet que ma main
Je voy tousjours le traict de ceste belle face
Je vy ma Nymphe entre cent damoiselles
J’iray tousjours et resuant et songeant
Jodelle, l’autre jour l’enfant de Cytherée
 
L’âge premier de l’homme Enfance est appellé
La Lune est coustumiere
L’amant est une beste, et beste est qui s’empestre
L’Angleterre et l’Escosse, et la Françoise terre
L’an mil cinq cens avec quarante et six
L’an mil cinq cens, contant quarante six
L’arbre qui met à croistre a la plante asseuree
L’arc contre qui des plus braves gendarmes
L’arc qui commande aux plus braves gendarmes
Las ! force m’est qu’en bruslant je me taise
Las ! je me plains de mile et mile et mile
Las ! je n’eusse jamais pensé
Las je ne veux ny ne me puis desfaire
Las ! pour vous trop aymer je ne vous puis aimer
Las! sans espoir je languis à grand tort
Las ! sans la voir à toute heure je voy
L’astre ascendant sous qui je pris naissance
La terre les eaux va buvant
L’autre jour que j’estois sur le haut d’un degré
Le Ciel ne veut, Dame, que je jouïsse
Le cruel Amour, vainqueur
Le Destin veut qu’en mon ame demeure
Le doux Sommeil qui toute chose appaise
Le feu jumeau de ma Dame brusloit
Legers Démons qui tenez de la terre
Le Jeu, la Grace, et les Freres jumeaux
Le jour que la beauté du monde la plus belle
Le mal est grand, le remede est si bref
Le plus touffu d’un solitaire bois
Le premier jour du mois de May, Madame
Le Printemps n’a point tant de fleurs
Le sang fut bien maudit de la Gorgonne face
Le sang fut bien maudit de la hideuse face
Les Elemens et les Astres, à preuve
Les flots jumeaux de laict bien espoissi
Le siecle où tu nasquis ne te cognoist Helene
Le Soleil l’autre jour se mit entre nous deux
Les Villes et les Bourgs me sont si odieux
Le premier jour du mois de May, Madame
Le Soleil et nostre Roy
Les vers d’Homere entre-leus d’aventure
Le vieil cothurne d’Euripide
Le vingtiesme d’Avril couché sur l’herbelette
L’Homme a la teste ou de plomb ou de bois
L’homme est vraiment ou de plomb ou de bois
L’œil qui rendroit le plus barbare appris
L’onde et le feu, ce sont de la machine
L’onde et le feu sont de ceste machine
L’or crespelu que d’autant plus j’honore
Lors que mon oeil pour t’oeillader s’amuse
Lune à l’œil brun, Deesse aux noirs chevaux 
 
Ma Dame, je ne meurs abandonné d’espoir
Ma Dame je n’eusse pensé
Madame se levoit un beau matin d’Esté
Ma douce Helene, non, mais bien ma douce haleine
Ma douce jouvence est passée
Ma fiévre croist tousjours, la vostre diminue
Mais que me vaut d’entretenir
Maistresse, de mon cœur vous emportez la clef
Mais voyez, mon cher esmoy !
Ma maistresse est toute angelette
Ma petite colombelle
Ma plume sinon vous ne sçait autre sujet
Marie, à celle fin que le siecle à venir
Marie, à tous les coups vous me venez reprendre
Marie, baisez-moy : non, ne me baisez pas
Marie, en me tanceant vous me venez reprendre
Marie levez-vous ma jeune paresseuse
Marie, que je sers en trop cruel destin
Marie, qui voudroit vostre beau nom tourner
Marie, qui voudroit vostre nom retourner
Marie tout ainsi que vous m’avez tourné
Marie vous avez la joue aussi vermeille
Mars fut vostre parrein quand nasquistes, Marie
Ma seconde ame à fin que le siecle advenir
Mechante Aglaure, ame pleine d’envie
Mes souspirs mes amis vous m’estes agreables
Mets en oubly, Dieu des herbes puissant
Mignonne, allons voir si la rose
Mignonne, levez-vous, vous estes paresseuse
Mille vrayment, et mille voudroyent bien
Mon Des-Autels, qui avez dés enfance
Mon Dieu !  mon Dieu ! que ma maistresse est belle !
Mon Dieu, que j’aime à baiser les beaux yeux
Mon Dieu ! quel dueil, et quelles larmes feintes
Mon docte Peletier le temps leger s’enfuit
Mon fils, si tu sçavois ce qu’on dira de toy
Mon fol penser pour s’en-voler plus haut
Mon œil, mon cœur, ma Cassandre, ma vie
Mon soin, amoureux esmoy
Mon Tyard, on disoit à mon commencement
Morfée, si en songe il te plaist presenter
Morfée, s’il te plaist de me représenter
Morne de corps, et plus morne d’espris
 
Nature ornant la dame qui devoyt
Ne me dy plus, Imbert, que je chante d’Amour
Ne me suy point, Belleau, allant à la maison
Ne romps point au mestier par le milieu la trame
Nicolas, faisons bonne chère
Non, la chaleur de la terre qui fume
Non Muret, non ce n’est pas du jourd’huy
N’oubliez, mon Helene, aujourd’huy qu’il faut prendre
Nous avons quelque fois grand faute
Nous ne tenons en notre main
Nous promenant tous seuls, vous me distes, Maistresse
Ny ce coral qui double se compasse
Ny de son chef le tresor crépelu
Ny la douce pitié, ny le pleur lamentable
Ny les combats des amoureuses nuits
Ny les desdains d’une Nymphe si belle
Ny voir flamber au poinct du jour les roses
 
O Déesse Bellerie
O doux parler dont les mots doucereux
Œil dont l’esclair mes tempestes essuye
Œil, qui des miens à ton vouloir disposes
Œil, qui mes pleurs de tes rayons essuye
Œil qui portrait dedans les miens reposes
O fontaine Bellerie
O ma belle Maistresse, à tous les moins prenez
O ma belle Maistresse, à tout le moins prenez
O Pucelle plus tendre
Ores la crainte et ores l’esperance
Or’ que Jupin espoint de sa semence
Or’ que le ciel, or’ que la terre est pleine
Or’ que l’hyver roidist la glace épesse
Ostez vostre beauté, ostez vostre jeunesse
O traits fichez jusqu’au fond de mon ame
 
Page suy moy : par l’herbe plus espesse
Pardonne moy, Platon, si je ne cuide
Pareil j’egalle au soleil que j’adore
Par l’œil de l’ame à toute heure je voy
Par ne sçay quelle etrange inimitié
Par un destin dedans mon coeur demeure
Passant dessus la tombe où Lucrece repose
Pein-moy, Janet, pein-moy je te supplie
Pendant, Baif, que tu frappes au but
Petit barbet, que tu es bienheureux
Petite Nymfe folâtre
Petite pucelle Angevine
Picqué du nom qui me glace en ardeur
Pipé d’Amour, ma Circe enchanteresse
Plusieurs, de leurs corps desnuez
Plus mille fois que nul or terrien
Plus que jamais je veux aimer, Maistresse
Plus que les Rois, leurs sceptres et leur bien
Plus tost le bal de tant d’astres divers
Plus tu connois que je brusle pour toy
Pour aller trop tes beaux soleils aimant
Pour boire dessus l’herbe tendre
Pour celebrer des astres dévestus
Pour ce que tu sçais bien que je t’aime trop mieux
Pour estre en vain tes beaux soleils aimant
Pour la douleur qu’Amour veut que je sente
Pourquoy tournez-vous voz yeux
Pour voir d’autres beautez mon desir ne s’appaise
Pour voir ensemble et les champs et le bort
Poussé des flots d’Amour je n’ay point de support
Prenant congé de vous, dont les yeux m’ont donté
Pren ceste rose aimable comme toy
Prenez mon coeur, Dame, prenez mon coeur
Puis qu’aujourd’huy pour me donner confort
Puis que cest œil, dont l’influence baille
Puis que cest œil qui fidelement baille
Puis que Dieu ne m’a fait pour supporter les armes
Puis que je n’ay pour faire ma retraite
Puis qu’elle est tout hyver, toute la mesme glace
Puis que tu cognois bien qu’affamé je me pais
Puis que tu sçais, hélas ! qu’affamé je me pais
Puisse advenir qu’une fois je me vange
Puissé-je avoir ceste fere aussi vive
 
Qu’Amour mon coeur, qu’Amour mon ame sonde
Quand à longs traits je boy l’amoureuse etincelle
Quand au matin ma Deesse s’habille
Quand au premier la dame que j’adore
Quand au temple nous serons
Quand ce beau Printemps je voy
Quand ces beaux yeux jugeront que je meure
Quand de ta lèvre à demi close
Quand en naissant la Dame que j’adore
Quand en songeant ma folastre j’acolle
Quand hors de tes lèvres décloses
Quand j’apperçoy ton beau chef jaunissant
Quand j’apperçoy ton beau poil brunissant
Quand je devise assis aupres de vous
Quand je dors je ne sens rien
Quand je pense à ce jour, où je la vey si belle
Quand je pense à ce jour, où pres d’une fonteine
Quand je serois un Turc, un Arabe, ou un Scythe
Quand je seroy si heureux de choisir
Quand j’estois libre, ains que l’amour nouvelle
Quand j’estois libre, ains qu’une amour nouvelle
Quand je suis tout baissé sur vostre belle face
Quand je te veux raconter mes douleurs
Quand je te voy discourant à par-toy
Quand je te voy seule assise à par-toy
Quand je vous dis Adieu, Dame, mon seul appuy
Quand je vous voy, ma gentille maitresse
Quand je vous voy, ma mortelle Deesse
Quand je vous voy, ou quand je pense en vous
Quand le grand œil dans les Jumeaux arrive
Quand les filles d’Achelois
Quand le Soleil à chef renversé plonge
Quand ma maistresse au monde print naissance
Quand ravy je me pais de vostre belle face
Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle
Que de Beautez, que de Graces écloses
Que dis-tu, que fais-tu, pensive tourterelle
Que dites-vous, que faites-vous mignonne ?
Que lâchement vous me trompez, mes yeux
Quel bien auray-je apres avoir esté
Quel Dieu malin, quel astre, me fit estre
Quelle langueur ce beau front des-honore ?
Quel son masle et hardy, quelle bouche héroique
Quel sort malin, quel astre me fit estre
Que maudit soit le mirouër qui vous mire
Que me servent mes vers et les sons de ma Lyre
Que n’ay-je, Amour, cette Fere aussi vive
Que n’ay-je, Dame, en escrivant, la grace
Que ne suis-je insensible ? ou que n’est mon visage
Quenoille, de Pallas la compagne et l’amie
Que toute chose en ce monde se muë
Quiconques ait mon livre pris
Quiconque voudra suivre Amour ainsi que moy
Qui est ce livre ? – Estranger. – Qui l’a faict ?
Qui fait honneur aux Rois, il fait honneur à Dieu
Qu’il me soit arraché des tetins de sa mere
Qui veut sçavoir Amour et sa nature
Qui voudra voir comme un dieu me surmonte
Qui voudra voir dedans une jeunesse
Quoy? me donner congé de servir toute femme
 
Ravi du nom qui me glace en ardeur
Ren moy mon cœur, ren moy mon cœur, mignarde
Ren moy mon cœur, ren moy mon cœur, pillarde
Ronsard repose icy qui hardy dés enfance
Rossignol mon mignon, qui dans cette saulaye 
 
Sainct Blaise, qui vis aux cieux
Saincte Gastine, heureuse secretaire
Saincte Gastine, ô douce secretaire
Sans souspirer vivre icy je n’ay peu
Seconde Aglaure, avienne que l’envie
Seul je m’avise, et nul ne peut sçavoir
Seul je me deuls, et nul ne peut sçavoir
Si blond si beau, comme est une toison
Si ce grand dieu, le père de la lyre
Si ce grand Prince artizan de la lyre
Si c’est aimer, Madame, et de jour et de nuict
Si de voz doux regars je ne vais me repaistre
Si doucement le souvenir me tente
Si doux au cœur le souvenir me tente
Si hors du cep où je suis arresté
Si jamais homme en aimant fut heureux
Si j’avois un haineux qui machinast ma mort
Si j’avois un haineux qui me voulust la mort
Si j’ay bien ou mal dit en ces Sonnets, Madame
Si j’estois Jupiter, Marie, vous seriez
Si j’estois Jupiter, Sinope, vous seriez
Si j’estois seulement en vostre bonne grace
Si je t’assauls, Amour, Dieu qui m’es trop cognu
Si je trespasse entre tes bras, Madame
Si le ciel est ton pays et ton pere
Si l’escrivain de la Gregeoise armée
Si l’on vous dit qu’Argus est une fable
S’il y a quelque fille en toute une contrée
Si mille oeillets, si mille liz j’embrasse
Sinope, baisez-moy : non, ne me baisez pas
Sinope, de mon cœur vous emportez la clef
Sinope, que je sers en trop cruel destin
Si quelque amoureux passe en Anjou par Bourgueil
Si seulement l’image de la chose
Si tost qu’entre les bois tu as beu la rosée
Si tost que tu as beu quelque peu de rosée
Si trop souvent, quand le desir me presse
Si tu ne veux contre Dieu t’irriter
Si tu ne veux les astres dépiter
Si voz yeux cognoissoyent leur divine puissance
Si vous pensez qu’Avril et sa belle verdure
Si vous pensez que may et sa belle verdure
Sœur de Pâris, la fille au Roy d’Asie
Soit que je sois haï de toy, ma Pasithee
Soit que son or se crespe lentement
Soit qu’un sage amoureux, ou soit qu’un sot me lise
Someillant sur ta face, où l’honneur se repose
Son chef est d’or, son front est un tableau
Sous le crystal d’une argenteuse rive
Suivant mes pleurs pleurer vous devriez bien
Sur le sablon la semence j’épan
Sur mes vingt ans. pur d’offense et de vice
Sur toute fleurette déclose
 
Tandis que vous dancez et ballez à vostre aise
Tant de couleurs l’Arc-en-ciel ne varie
Tant de fois s’appointer, tant de fois se fascher
Tay-toy, babillarde arondelle
Tel qu’un petit Aigle sort
Te regardant assise aupres de ta cousine
Terre ouvre moy ton sein, et me laisse reprendre
Tes yeux courtois me promettent le don
Tes yeux divins me promettent le don
Ton extreme beauté par ses rais me retarde
Tousjours des bois la cyme n’est chargée
Tousjours l’erreur qui seduit les Menades
Tousjours pour mon sujet il faut que je vous aye
Tout ce qui est de sainct, d’honneur et de vertu
Tout effroyé je cherche une fonteine
Tout me desplaist, mais rien ne m’est si grief
Trois ans sont ja passez que ton oeil me tient pris
Trois jours sont ja passez que je suis affamé
Tu as beau, Jupiter, l’air de flames dissoudre
Tu es seule mon cœur, mon sang et ma Deesse
Tu gravois dans le ciel les victoires de France
Tu me fais mourir de me dire
Tu ne dois en ton cœur superbe devenir
Tyard, on me blasmait à mon commencement
 
Une beauté de quinze ans enfantine
Un chaste feu qui en l’ame domine
Une diverse amoureuse langueur
Un enfant dedans un bocage
Une seule vertu, tant soit parfaite et belle
Un sot Vulcan ma Cyprine fachoit
Un voile obscur par l’horizon espars
 
Va Livre, va, desboucle la barriere
Va Livre, va, desboucle la carrière
Venus est par cent mille noms
Verray-je point le doux jour qui m’apporte
Verray-je point le saison qui m’apporte
Verson ces roses en ce vin
Veufue maison des beaux yeux de ma Dame
Veu la douleur, qui doucement me lime
Veu que ce marbre enserre un corps qui fut plus beau
Veu que tu es plus blanche que le liz
Veux-tu sçavoir, Bruez, en quel estat je suis ?
Ville de Blois, naissance de ma Dame
Voicy le bois, que ma sainte Angelette
Voicy le mois d’Avril, où nasquit la merveille
Vos yeux estoient blessez d’une humeur enflammee
Vos yeux estoient moiteux d’une humeur enflammee
Voulant, ô ma douce moitié
Vous estes le bouquet de vostre bouquet mesme
Vous me distes, Maistresse, estant à la fenestre
Vous mesprisez nature :  estes-vous si cruelle 
Vous ne le voulez pas? et bien, j’en suis content
Voyant les yeux de ma maistresse eslüe
Voyant par les soudars ma maison saccagee
Voyez comme tout change (hé, qui l’eust esperé ! )
 
Yeux qui versez en l’ame ainsi que deux Planettes